Genèse du projet

Genèse du projet et inscription dans l’univers de Luchella

Tremini s’inscrit dans la continuité de la série Les Mini-mondes de Luchella, développée par l’artiste depuis la fin des années 1980.
Si Tremini en est issu, le projet a progressivement acquis une autonomie conceptuelle et formelle, au point d’être aujourd’hui considéré comme une œuvre à part entière.

Origines du projet

Les premiers éléments de cet univers apparaissent en 1988 avec la réalisation de Luchella, un monde sculpté et peint sur une souche de châtaignier, œuvre lauréate d’un concours organisé par la société Colas.
Ce premier travail pose les bases d’un univers construit, habité, et pensé comme un territoire cohérent.

Au fil des années, cet univers s’est enrichi par la production de nouvelles illustrations, chacune venant préciser, étendre et affiner les paysages et les modes d’habitat qui le composent.

Approche plastique et méthodologique

Tremini trouve son origine directe dans un travail de collage de papiers anciens froissés, réalisé en 2015.
Ce processus repose sur le hasard et la paréidolie : les plis, déchirures et volumes du papier génèrent des formes que l’artiste interprète ensuite comme reliefs, architectures ou paysages.

À l’origine, cette réalisation était conçue comme une œuvre picturale unique et autonome. Le passage au numérique a profondément modifié le statut du projet, ouvrant la possibilité d’un travail de détail à grande échelle et d’un développement dans la durée.

Passage au numérique et évolution du projet

La transposition numérique de Tremini a marqué un tournant décisif. Elle a permis :

  • une exploration approfondie des détails,
  • une augmentation progressive des formats,
  • un enrichissement constant du paysage.

Avec ce changement de médium, un nouveau paramètre est devenu central : la temporalité.
Tremini n’est plus une œuvre pensée pour un achèvement rapide, mais un projet évolutif, destiné à se construire sur plusieurs années. Le temps de travail n’est plus un handicap mais devient pierre angulaire du projet.

Chaque version achevée a apporté son lot de satisfactions, mais aussi de limites identifiées, conduisant à de nouvelles étapes de travail et à des choix techniques plus exigeants.

Définition de l’univers

L’univers de Tremini est défini comme une forme de « steampunk paysan ».
Il s’agit d’un monde sans véhicules motorisés, où les déplacements se font par des moyens mécaniques simples, des dirigeables, des systèmes de câbles ou des dispositifs inspirés d’une ingénierie vernaculaire.

Les constructions sont majoritairement inspirées de l’architecture provençale et haut-alpine, sans chercher à produire des édifices monumentaux ou symboliques.
L’objectif est de proposer un habitat crédible, fonctionnel, inscrit dans une relation mesurée avec son environnement, tout en laissant la place à des incongruités.

Évolution des paysages

À ses débuts, Tremini évoquait principalement un paysage minéral et méditerranéen, composé de roches, de buissons et de constructions blanches.
Progressivement, l’image s’est enrichie :

  • par l’introduction d’arbres et de zones végétales plus complexes,
  • par l’augmentation du nombre de constructions,
  • par des reliefs qui se creusent, qui deviennent moins verticaux,
  • par une réflexion sur les circulations, les usages et les relations entre les espaces.

Les formes initiales issues du hasard ont été conservées comme socle de la composition, puis retravaillées, corrigées et complétées afin d’aboutir à un ensemble cohérent.

Tremini comme projet au long cours

Tremini représente aujourd’hui l’aboutissement de plus d’une décennie de recherches plastiques.
La version IV, actuellement en cours, vise un niveau de précision qui constitue une forme de point d’équilibre dans ce parcours.

Le projet conserve toutefois une dimension évolutive, tant dans ses modalités de production que dans ses formes de diffusion.
Le format numérique permet d’envisager de multiples usages : expositions, impressions grand format, dispositifs immersifs, supports interactifs.

Tremini est ainsi conçu comme une œuvre construite dans le temps, où chaque étape participe à la maturation de l’ensemble.

Orbloque, des mini-mondes de Luchella
Premier essai d’illustration grand format (80cm de hauteur)