Né d’un collage de papiers anciens froissés, Tremini est aujourd’hui une peinture numérique monumentale de Quebeuls, développée en seize parties autonomes formant un paysage continu à parcourir.
Présentation générale du projet

Tremini, l’origine
Luchella est une sculpture en bois peint qui a donné naissance aux Mini-mondes, dont Tremini fait aujourd’hui partie intégrante.
L’origine de Tremini remonte à un collage réalisé à partir de papiers anciens froissés. Dans les plis, les déchirures et les accidents du papier apparaissaient progressivement des reliefs, des villages, des chemins et des architectures. Ces formes nées du hasard sont devenues le point de départ d’un long travail d’interprétation, de dessin et de construction.
Cette première œuvre a malheureusement disparu dans un incendie, mais le principe qui l’avait fait naître est resté à l’origine de Tremini.
La transformation
Après plusieurs années de travail, Tremini est passé au format numérique. Ce changement de support a considérablement élargi les possibilités de création et permis d’approfondir le niveau de détail.
La version II, deux fois plus grande que la précédente, a notamment été présentée à la salle de l’Arsenal de Mont-Dauphin sous la forme d’une impression sur bâche de 6 × 2,5 m.
L’année suivante, la version III a été présentée sous forme d’installation : l’œuvre était courbée et accompagnée d’un son spatialisé. Sa surface de travail avait encore doublé, permettant d’aller plus loin dans le détail.
Cette version a toutefois fait apparaître les limites de certains choix précédents. Des fragments particulièrement travaillés, notamment dans le cadre de digraphies, ont montré qu’il était possible d’aller encore plus loin.
C’est ce constat qui a conduit à la version IV, celle actuellement en cours de réalisation.
Tremini IV atteint aujourd’hui 5 × 2,20 m en 300 dpi. L’augmentation considérable de sa surface permet d’accroître encore la précision et la richesse du paysage.

Une œuvre qui ouvre de nouvelles voies
Le passage au numérique n’a pas seulement modifié la manière de réaliser Tremini. Il a également ouvert de nouvelles possibilités pour la montrer et l’explorer.
À partir d’une même œuvre peuvent ainsi être envisagés :
- des impressions monumentales et des digigraphies de fragments ;
- des vidéos simulant un survol du paysage ;
- une exploration en deep zoom ;
- un journal de création ;
- un livre d’artiste consacré à l’univers de Luchella et de Tremini ;
- ainsi que d’autres formes de présentation encore à explorer.
Le numérique devient ainsi non seulement un outil de création, mais aussi un moyen de multiplier les façons d’entrer dans l’œuvre.

Aujourd’hui
L’ampleur prise par Tremini a progressivement transformé une peinture en cours de réalisation en un véritable projet artistique au long cours.
Chaque recoin du paysage est appelé à être investi et développé. Le niveau de détail recherché rend impossible une découverte complète de l’œuvre en une seule visite : Tremini est pensé pour être parcouru, observé et redécouvert progressivement.
Cette temporalité particulière est désormais constitutive du projet.
La nouvelle version est devenue trop importante pour être manipulée en un seul fichier par le logiciel utilisé pour sa réalisation. L’œuvre a donc été découpée en 16 parties, qui sont travaillées successivement.
Une contrainte technique est ainsi devenue un principe de création et de diffusion : plutôt que d’attendre l’achèvement de l’ensemble, chaque partie finalisée pourra être dévoilée comme un nouvel épisode.
Tremini devient ainsi une sorte de feuilleton artistique en seize chapitres.
À chaque nouvelle partie, l’exposition pourra s’enrichir, jusqu’au moment où l’ensemble du paysage pourra enfin être présenté dans sa totalité.
Chaque fragment possède désormais suffisamment d’autonomie et de richesse pour être considéré comme une œuvre à part entière, tout en restant une partie d’un ensemble plus vaste.
Le principe, une oeuvre se découvrant progressivement.
Tremini n’est pas seulement un fichier numérique ou une image monumentale.
C’est un univers cohérent en perpétuelle évolution, dont la construction s’inscrit dans le temps et dont les différentes formes de présentation permettent d’en découvrir progressivement les multiples dimensions.
Des digigraphies de fragments retravaillés sont proposées à la vente. Un livre d’artiste permettra également d’explorer l’univers de Luchella et de Tremini. Le Journal de création, accessible aux Baladins — nom donné à celles et ceux qui accompagnent le projet — permet quant à lui de suivre son évolution au fil de sa réalisation.
Plus qu’une image, Tremini est une recherche sur le regard, la lenteur, l’exploration et la capacité des formes à faire naître des mondes.

